CARCDSF : retraite des chirurgiens-dentistes et sages-femmes

La CARCDSF gère la retraite obligatoire de tous les chirurgiens-dentistes et sages-femmes libéraux en France. Trois régimes empilés cohabitent, avec des règles distinctes pour chaque profession et des valeurs de point qui évoluent chaque année. Beaucoup de praticiens découvrent à 50 ans qu’ils n’ont pas anticipé la décote, mal arbitré entre les classes de cotisation ou ignoré l’impact de la réforme 2026 sur leur calcul. Voici le fonctionnement complet de la CARCDSF avec les chiffres officiels 2026 et les arbitrages à faire dès maintenant.

Qui doit cotiser à la CARCDSF ?

L’affiliation est obligatoire dès l’inscription à l’Ordre national, pour tout praticien déclarant exercer en libéral. Cela vaut pour les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes libérales, et pour les exercices en société (SEL, SCP) tant que le statut TNS s’applique. Les conjoints collaborateurs peuvent adhérer volontairement sous conditions, mais ne sont pas affiliés d’office.

Les sages-femmes salariées de l’hôpital ou les dentistes salariés en centre de santé ne cotisent pas à la CARCDSF mais au régime général + AGIRC-ARRCO. La revalorisation AGIRC-ARRCO ne concerne donc pas les praticiens libéraux affiliés à la CARCDSF.

Les trois régimes de retraite de la CARCDSF

Comme les autres caisses libérales, la CARCDSF empile trois niveaux de couverture vieillesse. Comprendre leur articulation est indispensable pour estimer correctement sa pension future.

Le régime de base RBL

Commun à toutes les professions libérales, le régime de base d’assurance vieillesse fonctionne en points et est piloté par la CNAVPL. Les taux 2026 sont :

  • Tranche 1 : 8,23% des revenus dans la limite du PASS (48 060€)
  • Tranche 2 : 1,87% des revenus entre 48 060€ et 240 300€ (5 PASS)

Une cotisation minimale existe pour les revenus faibles ou nuls, ce qui permet de valider 3 trimestres minimum par an. Pour les chirurgiens-dentistes en début d’activité, la cotisation forfaitaire 2026 s’élève à 1 235€.

Le régime complémentaire (RC)

Propre à la CARCDSF, ses paramètres sont décidés par les élus du conseil d’administration. Il représente près de la moitié de la pension d’un chirurgien-dentiste libéral et environ un quart de celle d’une sage-femme. La valeur du point complémentaire est fixée à 31,82€ en 2026. Un dentiste avec 1 748 points obtient une pension complémentaire annuelle de 55 621€ bruts au taux plein.

Le régime des praticiens conventionnés (PCV)

Ce troisième étage est réservé aux professionnels conventionnés et représente 25% restant d’une pension de dentiste. L’intérêt majeur : l’Assurance maladie finance les deux tiers des cotisations. Pour les sages-femmes conventionnées, ce régime joue un rôle plus marginal dans la pension finale.

Calcul de la pension : la formule exacte

Pour la complémentaire, le calcul est : Pension = Valeur du point × Nombre de points × Taux de pension. Le taux de pension est de 100% si vous partez à taux plein, et subit un abattement par trimestre manquant en cas de départ anticipé.

Prenez l’exemple de Charlotte, née en 1963 : elle a accumulé 1 748 points et part à 65 ans et 9 mois (taux plein). Sa retraite complémentaire 2026 = 1 748 × 31,82€ = 55 621,36€ bruts annuels. Si elle était partie à 62 ans et 9 mois, soit 3 ans avant le taux plein, sa pension aurait subi un abattement de 16,25%, soit une perte de 9 038€ par an à vie.

Réforme de l’assiette sociale en 2026 : ce qui change

À partir de la déclaration 2026 portant sur les revenus 2025, la réforme de l’assiette sociale des indépendants entre en application. Le calcul des cotisations CARCDSF est modifié et un taux d’appel intègre désormais une cotisation de solidarité qui ne génère aucun droit supplémentaire.

Concrètement, vous paierez plus de cotisations sans points en contrepartie. Cette hausse sera théoriquement compensée par une baisse de la CSG à compter d’avril 2026, mais l’effet net dépendra fortement du niveau de revenu de chaque praticien. Une simulation personnalisée est indispensable pour mesurer l’impact.

Prévoyance et capital décès : les chiffres 2026

La CARCDSF ne couvre pas que la retraite : elle gère aussi l’invalidité et le décès. Les montants 2026 méritent d’être connus :

  • Indemnités journalières (IJ) : 113,22€/jour pour les dentistes, 49,70€/jour pour les sages-femmes
  • Rente invalidité dentiste : 32 463,80€/an (majorée de 9 501,60€ par enfant à charge)
  • Rente invalidité sage-femme : 13 729€/an
  • Capital décès dentiste : 19 605€ versés au conjoint
  • Capital décès sage-femme : 15 128€
  • Allocation annuelle au conjoint marié depuis 2 ans : 20 859,72€

Ces montants sont souvent insuffisants pour maintenir le train de vie en cas de coup dur. La majorité des praticiens souscrivent une prévoyance individuelle complémentaire pour combler l’écart.

Combien touche un dentiste à la retraite ?

La pension moyenne versée par la CARCDSF est d’environ 2 400€ par mois, tous régimes confondus. Pour un dentiste secteur 1 avec 40 ans de carrière et un revenu moyen de 80 000€, la pension peut grimper à 3 000€-3 500€ bruts mensuels. Une sage-femme libérale touche en moyenne 30 à 40% de moins en raison de revenus d’activité plus faibles et d’une moindre contribution du régime PCV.

Cette pension reste insuffisante face au revenu d’activité moyen d’un dentiste libéral (entre 80 000€ et 150 000€ net selon les régions). Le passage à la retraite implique une chute de 50 à 70% des revenus, qu’il faut anticiper par un effort d’épargne dédié.

Les leviers pour optimiser sa pension CARCDSF

Plusieurs actions concrètes permettent d’augmenter sa pension future :

  • Le rachat de trimestres pour les années d’études, particulièrement intéressant en milieu de carrière
  • Le décalage du départ au-delà du taux plein pour bénéficier d’une surcote
  • L’ouverture d’un Plan Épargne Retraite individuel : la déduction fiscale TNS atteint 87 135€ en 2025, soit jusqu’à 35 854€ d’économie d’impôt pour un dentiste en TMI 41%
  • L’assurance vie pour bâtir un capital transmissible et générer des revenus en rachats programmés
  • L’investissement immobilier via SCPI ou LMNP pour des revenus locatifs réguliers

FAQ sur la CARCDSF

À quel âge peut-on partir à la retraite avec la CARCDSF ?

L’âge légal est aligné sur le régime général et passe progressivement à 64 ans avec la réforme 2023. Le taux plein s’obtient à 67 ans ou plus tôt si vous avez le nombre de trimestres requis. Un départ anticipé entre 60 et 65 ans entraîne une décote de 1,25% par trimestre manquant.

Quelle est la différence entre CARCDSF dentiste et CARCDSF sage-femme ?

Les deux professions cotisent à la même caisse mais avec des paramètres différents : la cotisation forfaitaire, les classes de cotisation du complémentaire, les valeurs de point et les prestations de prévoyance varient. Une sage-femme libérale acquiert généralement moins de points qu’un dentiste en raison de revenus moyens plus faibles.

Comment connaître ses points CARCDSF ?

Le nombre de points figure sur l’appel de cotisations annuel et sur l’espace adhérent du site carcdsf.fr. Le compte unique info-retraite.fr regroupe également tous les droits acquis dans les différents régimes pour une vision consolidée.

Que se passe-t-il en cas d’arrêt définitif de l’activité ?

La cessation d’activité doit être déclarée à la CARCDSF, à l’INPI et au Conseil départemental de l’Ordre. Les cotisations s’arrêtent au prorata des trimestres d’affiliation. Si vous reprenez une activité salariée par la suite, vous cotiserez au régime général sans perdre les droits acquis à la CARCDSF.

La CARCDSF est-elle concernée par la suspension de la réforme des retraites ?

Oui, comme tous les régimes alignés sur la base de la CNAVPL. Le calendrier de relèvement de l’âge légal et la durée d’assurance requise pour le taux plein suivent les évolutions du régime général. Les paramètres propres à la complémentaire et au PCV restent décidés par la CARCDSF elle-même.

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