Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible à 60 ans, quelle que soit la date de naissance. Le décret n°2025-681 du 15 juillet 2025 a restauré cet âge plancher, que la réforme des retraites de 2023 avait relevé à 62 ans en lien avec l’âge légal de départ.
En pratique, un salarié né en 1970 qui aurait dû attendre 62 ans peut désormais demander à réduire son temps de travail et percevoir une fraction de sa retraite dès 60 ans, s’il remplit les conditions d’assurance.
Les trois conditions cumulatives à 60 ans
- Avoir 60 ans révolus au moment de la demande
- Justifier d’au moins 150 trimestres validés, tous régimes confondus
- Exercer une activité à temps partiel représentant entre 40% et 80% de la durée légale ou conventionnelle du travail
La quotité de travail s’exprime en heures pour les salariés en contrat classique, et en jours pour les salariés au forfait jours.
Qui est concerné par l’accès à 60 ans ?
L’extension s’applique à tous les statuts depuis le 1er septembre 2025 : salariés du privé, fonctionnaires hors catégories actives, travailleurs indépendants, professions libérales, mandataires sociaux, agriculteurs.
Les fonctionnaires « actifs » (policiers, pompiers, aides-soignants, gardiens de prison) restent exclus du dispositif car ils bénéficient déjà de dispositifs de départ anticipé spécifiques.
Pour les travailleurs non salariés (TNS), le revenu d’activité doit rester supérieur à 40% du SMIC brut annuel, soit environ 729€ nets par mois en 2026. Toute combinaison avec une activité salariée exclut du dispositif.
Comment se calcule la fraction de pension à 60 ans ?
La pension partielle est inversement proportionnelle à la quotité travaillée.
| Quotité travaillée | Fraction de pension perçue |
|---|---|
| 80% | 20% |
| 60% | 40% |
| 50% | 50% |
| 40% | 60% |
Cette pension est calculée sur les droits acquis au moment de la demande. Elle sera recalculée à la liquidation totale pour tenir compte des droits supplémentaires accumulés pendant la retraite progressive.
L’accord de l’employeur
Pour les salariés, l’accord de l’employeur est obligatoire. Depuis septembre 2023, la procédure est encadrée : l’employeur dispose de 2 mois pour répondre. L’absence de réponse vaut acceptation tacite. Un refus doit être motivé par des raisons économiques ou organisationnelles précises.
Le risque du taux plein non atteint à 60 ans
Entrer en retraite progressive à 60 ans avec 150 trimestres signifie généralement que le taux plein n’est pas encore atteint (il faut 169 à 172 trimestres selon la génération). Un coefficient d’anticipation AGIRC-ARRCO s’applique alors sur la pension complémentaire, réduisant parfois la complémentaire de 10 à 20%.
Ce coefficient disparaît dès que le salarié accumule les trimestres nécessaires au taux plein, grâce aux cotisations versées pendant la retraite progressive.
FAQ sur la retraite progressive à 60 ans
Peut-on demander la retraite progressive à 60 ans si on n’a que 140 trimestres ?
Non. Les 150 trimestres sont une condition impérative. Il n’existe pas de dérogation à ce seuil, contrairement à d’autres dispositifs de départ anticipé.
L’employeur peut-il refuser si le salarié a 60 ans et 150 trimestres ?
Oui. Remplir les conditions légales ne crée pas de droit opposable à la réduction du temps de travail. L’employeur peut refuser pour des raisons économiques ou organisationnelles, à condition de les motiver par écrit.
Peut-on combiner retraite progressive à 60 ans et carrière longue ?
Ces deux dispositifs répondent à des logiques différentes. Un salarié peut entrer en retraite progressive à 60 ans puis liquider sa retraite totale au titre de la carrière longue à 62 ans, si les conditions sont réunies dans les deux cas.
Quel montant de pension peut-on espérer à 60 ans avec 150 trimestres ?
Cela dépend entièrement des salaires et droits acquis. Avec 150 trimestres, le calcul est fait sur les droits provisoires à cet instant, souvent sans taux plein. La pension partielle peut être modeste et sera améliorée à la liquidation définitive.