Votre relevé de carrière CARSAT, c’est le document sur lequel sera calculée votre pension de retraite. S’il contient une erreur — trimestres manquants, salaires mal reportés, période de chômage oubliée — votre pension peut être réduite ou votre départ retardé. Voici comment le lire, repérer les anomalies et les corriger avant qu’il soit trop tard.
Qu’est-ce que le relevé de carrière CARSAT et où le trouver ?
Le relevé de carrière est un document officiel établi par la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT) ou par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse) pour les salariés d’Île-de-France. Il retrace, année par année, vos périodes d’activité, vos revenus cotisés et le nombre de trimestres validés.
C’est sur ce document que les caisses de retraite calculent votre pension et vérifient votre droit à la retraite à taux plein. Un trimestre manquant peut décaler votre départ de 3 mois. Trois trimestres manquants peuvent générer une décote retraite.
Pour consulter votre relevé, deux accès gratuits :
- lassuranceretraite.fr : connexion via FranceConnect, accès direct au relevé complet téléchargeable
- info-retraite.fr : portail commun à tous les régimes (CNAV, AGIRC-ARRCO, MSA, fonctions publiques), qui consolide l’ensemble de votre carrière en une seule vue
Comment lire son relevé de carrière ?
Le relevé de carrière est structuré en lignes annuelles. Pour chaque année, il indique le régime concerné (régime général, MSA, SSI pour les indépendants…), le revenu cotisé et le nombre de trimestres validés.
Six points sont à contrôler systématiquement :
- Les années manquantes : une année sans aucune ligne peut signifier qu’une période n’a pas été enregistrée
- Le nombre de trimestres par année : 4 trimestres maximum par an. En 2025, valider 1 trimestre nécessite d’avoir cotisé sur au moins 1 782€ bruts (150 fois le SMIC horaire)
- Les salaires cotisés : ils sont plafonnés au plafond annuel de la Sécurité sociale. Un salaire supérieur ne génère pas plus de trimestres, mais les salaires reportés incorrectement réduisent le salaire moyen de référence utilisé pour calculer la pension
- Les périodes assimilées : chômage, maladie, maternité, service militaire — ces périodes non travaillées ouvrent quand même droit à des trimestres, mais n’apparaissent pas avec un revenu cotisé
- Les régimes déclarés : si vous avez travaillé sous plusieurs statuts (salarié, indépendant, fonctionnaire), chaque régime doit apparaître
- Les majorations de trimestres : maternité, adoption, éducation d’un enfant handicapé — vérifiez qu’elles sont bien intégrées
Quelles erreurs reviennent le plus souvent ?
Les erreurs les plus fréquentes sur les relevés de carrière sont :
- Les premières années de carrière : les périodes travaillées avant 1990 étaient saisies manuellement à partir de déclarations papier. Les oublis sont nombreux, surtout pour les emplois saisonniers ou les petits boulots d’étudiant
- Les changements d’employeur rapprochés : un salarié ayant enchaîné plusieurs CDD courts peut avoir des périodes intercalaires non enregistrées
- Le service national : les 10 mois de service militaire obligatoire permettent de valider 3 trimestres (et non 4). Si cette période est absente du relevé, il faut fournir l’état signalétique des services
- Les périodes de maladie longue durée : les arrêts de travail de plus de 60 jours consécutifs valident des trimestres assimilés, mais leur enregistrement peut être incomplet si le lien entre la CPAM et la CARSAT n’a pas fonctionné
- Les activités à l’étranger : les périodes travaillées dans un pays avec lequel la France a signé une convention bilatérale de sécurité sociale peuvent être récupérées, mais nécessitent des démarches spécifiques
Comment corriger une erreur sur son relevé de carrière ?
La démarche de correction dépend de l’âge et de la nature de l’erreur.
Avant 55 ans, le signalement d’une anomalie se fait par courrier à la CARSAT de votre région. À partir de 55 ans, une demande de rectification peut être initiée directement depuis votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr.
Les justificatifs à réunir varient selon la période concernée :
- Bulletins de salaire ou certificats de travail pour les périodes d’activité salariée
- Attestation France Travail (ex-Pôle emploi) pour les périodes de chômage indemnisé
- Attestations CPAM pour les périodes de maladie, maternité ou accident du travail
- État signalétique et des services pour le service militaire (disponible auprès du bureau du service national compétent)
- Preuves d’activité à l’étranger (contrat de travail, bulletins de salaire traduits, attestations de l’organisme étranger)
Si vous n’avez plus vos bulletins de salaire, la CARSAT peut consulter ses archives de déclarations employeurs (DADS, DSN). Ces déclarations sont conservées et permettent souvent de retrouver des périodes non enregistrées sans que vous ayez à fournir les originaux.
Le délai de traitement varie de quelques semaines à plusieurs mois selon la complexité du dossier et la caisse concernée.
Quand vérifier son relevé de carrière ?
La règle de bon sens est de vérifier son relevé au moins une fois tous les 5 ans à partir de 40 ans, puis chaque année à partir de 55 ans. La mise à jour annuelle du relevé intervient généralement au printemps (après la transmission des données par les employeurs).
Vérifier 12 à 18 mois avant votre départ prévu est indispensable. Une correction demandée trop tard peut retarder la liquidation de votre retraite si la CARSAT n’a pas eu le temps de traiter le dossier. Pour les personnes envisageant une retraite progressive, la vérification précoce du relevé est encore plus critique car la durée d’assurance requise conditionne l’accès au dispositif.
Relevé de carrière CARSAT et relevé de carrière complémentaire : quelle différence ?
Le relevé de carrière CARSAT couvre uniquement le régime général de base (retraite de base des salariés du privé). Il ne contient pas les droits acquis auprès de l’AGIRC-ARRCO pour la retraite complémentaire.
Pour avoir une vision complète, il faut consulter également son relevé de points AGIRC-ARRCO sur agirc-arrco.fr. Les montants AGIRC-ARRCO représentent en moyenne 30% à 40% de la pension totale d’un cadre. Les deux relevés doivent être vérifiés séparément car ils dépendent de caisses distinctes avec des règles de validation différentes.
Si vous avez cotisé à plusieurs régimes au cours de votre carrière (salarié puis indépendant, ou agent public puis salarié), le portail info-retraite.fr consolide tous ces régimes dans une seule vue. C’est le point d’entrée recommandé pour ne rien oublier.
FAQ sur le relevé de carrière CARSAT
Peut-on racheter des trimestres manquants ?
Oui. Le rachat de trimestres est possible pour les années d’études supérieures (jusqu’à 12 trimestres) ou pour les années incomplètes (moins de 4 trimestres validés). Le coût dépend de votre âge et de votre revenu au moment du rachat. Plus vous attendez, plus c’est cher. La demande se fait auprès de la CARSAT.
Mon relevé indique moins de trimestres que mes années de travail : est-ce normal ?
Pas forcément. Le nombre de trimestres ne dépend pas du nombre de mois travaillés mais du montant cotisé. Un salarié à temps partiel sur une courte période peut n’avoir validé qu’un seul trimestre sur l’année, même s’il a travaillé 6 mois. Vérifiez les revenus cotisés colonne par colonne.
À partir de quel âge peut-on demander une correction en ligne ?
La demande de rectification en ligne via l’espace personnel sur lassuranceretraite.fr est ouverte à partir de 55 ans. Avant cet âge, la démarche se fait par courrier adressé à la CARSAT avec les justificatifs. Aucune démarche n’est possible après la liquidation de la retraite.
Le relevé de carrière est-il automatiquement mis à jour après chaque emploi ?
Oui, mais avec un décalage. Les données de l’année N sont généralement intégrées au relevé au printemps de l’année N+1 après traitement des déclarations sociales nominatives (DSN) transmises par les employeurs. Une période d’activité récente peut ne pas encore apparaître sur le relevé consulté en début d’année.