Le PEA exonère d’impôt sur le revenu après 5 ans. Le compte-titres donne accès à tous les marchés du monde sans restriction. Ces deux enveloppes ne s’opposent pas : elles se complètent. Voici ce qui les distingue concrètement et comment arbitrer selon votre situation.
Fiscalité : l’avantage décisif du PEA
C’est le point central du comparatif.
Dans un PEA, les plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu dès lors que le plan a plus de 5 ans. Seuls les prélèvements sociaux restent dus : 17,2 % sur les gains réalisés.
Dans un compte-titres, chaque cession ou dividende est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux. Les investisseurs faiblement imposés peuvent opter pour le barème progressif, mais cette option est rarement avantageuse.
L’écart est significatif. Sur une plus-value de 20 000 €, un investisseur PEA paie 3 440 € de prélèvements sociaux. Le même investisseur en compte-titres paie 6 000 € de PFU. L’écart représente 2 560 € sur une seule opération.
Actifs éligibles : le PEA est limité, le compte-titres est universel
| Type d’actif | PEA | Compte-titres |
|---|---|---|
| Actions européennes | Oui | Oui |
| Actions américaines (Apple, Nvidia…) | Non (sauf ETF synthétique) | Oui |
| ETF monde (physique) | Non | Oui |
| ETF monde (synthétique) | Oui | Oui |
| Obligations | Non (sauf exception) | Oui |
| ETF obligataires | Non | Oui |
| Crypto (ETP) | Non | Oui |
| Produits dérivés | Limité | Oui |
Le PEA limite les investisseurs aux actions et ETF d’entreprises européennes, avec la possibilité d’accéder aux marchés mondiaux via la réplication synthétique. Le compte-titres n’impose aucune restriction géographique ni sectorielle.
Plafond de versements : le PEA est plafonné
Le PEA est limité à 150 000 € de versements (225 000 € avec un PEA-PME complémentaire). Ce plafond ne tient pas compte des plus-values : un PEA alimenté de 100 000 € peut valoir 300 000 € sans avoir dépassé le plafond.
Le compte-titres n’a aucun plafond. Il est la seule option pour les patrimoines importants dépassant la capacité du PEA.
Retraits : le PEA impose des contraintes
Tout retrait avant 5 ans entraîne la clôture du PEA. Après 5 ans, un retrait partiel est possible sans clôture du plan, mais il ne peut plus faire l’objet de nouveaux versements si le retrait intervient avant les 5 ans.
Le compte-titres permet des retraits à tout moment, sans contrainte, sans impact sur la structure du compte.
Succession : des règles identiques
Le PEA ne bénéficie d’aucun avantage successoral particulier. Contrairement à l’assurance vie, il est intégré dans l’actif successoral et soumis aux droits de succession classiques. Le compte-titres suit les mêmes règles.
La clôture du PEA au décès entraîne la cristallisation des plus-values, mais celles-ci sont exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.
PEA ou compte-titres : lequel ouvrir en premier ?
Ouvrir un PEA le plus tôt possible. La date d’ouverture fait démarrer le compteur des 5 ans nécessaires pour bénéficier de l’exonération fiscale. Même un versement initial de 100 € suffit.
Ouvrir un compte-titres pour les actifs non éligibles au PEA : actions américaines en direct, ETF physiques monde, ETF obligataires. Le compte-titres complète naturellement le PEA une fois son plafond atteint ou pour diversifier sur des actifs exclus de cette enveloppe.
FAQ sur le compte-titres vs le PEA
Peut-on avoir un PEA et un compte-titres en même temps ?
Oui, et c’est recommandé. Ces deux enveloppes sont complémentaires. Chaque contribuable peut détenir un seul PEA, mais autant de comptes-titres qu’il le souhaite.
Le compte-titres est-il désavantageux par rapport au PEA ?
En termes de fiscalité pure, oui. Mais il donne accès à un univers d’investissement beaucoup plus large. Au-delà du plafond du PEA, c’est l’unique option.
Peut-on transférer un compte-titres vers un PEA ?
Non. Ces deux enveloppes sont distinctes et non convertibles. Les titres d’un compte-titres ne peuvent pas être transférés vers un PEA.