Donner de l’argent à ses enfants ou petits-enfants ne déclenche pas automatiquement un impôt. Deux mécanismes permettent de transmettre sans droits : le présent d’usage, sans déclaration ni plafond fixe, et les abattements fiscaux, qui couvrent des montants précis dans la limite de montants définis par la loi.
La frontière entre les deux n’est pas toujours évidente. L’administration fiscale peut requalifier un cadeau en donation imposable si le montant dépasse ce qu’elle considère comme raisonnable.
Présents d’usage : aucune déclaration, aucun plafond chiffré
Un présent d’usage est un cadeau offert à l’occasion d’un événement précis : anniversaire, mariage, diplôme, Noël, naissance. Aucune déclaration n’est requise, aucun impôt ne s’applique.
Le montant doit rester proportionnel aux revenus et au patrimoine du donateur. La loi ne fixe pas de seuil exact. En pratique, l’administration fiscale retient une limite implicite autour de 2% du patrimoine ou 2,5% des revenus annuels du donateur.
Un parent avec 500 000€ de patrimoine peut offrir 5 000€ pour un mariage sans aucune formalité. Le même montant venant d’un retraité aux revenus modestes peut être requalifié en donation taxable si un contrôle fiscal intervient.
Les abattements : les montants exacts selon le lien de parenté
Au-delà du présent d’usage, les donations doivent être déclarées à l’administration fiscale. La déclaration ne génère pas d’impôt si le montant reste sous l’abattement disponible. Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans.
| Lien de parenté | Abattement disponible (tous les 15 ans) |
|---|---|
| Parent à enfant | 100 000€ |
| Grand-parent à petit-enfant | 31 865€ |
| Arrière-grand-parent à arrière-petit-enfant | 5 310€ |
| Entre époux ou partenaires PACS | 80 724€ |
| Entre frères et sœurs | 15 932€ |
| Oncle/tante à neveu/nièce | 7 967€ |
Un couple avec deux enfants peut transmettre 400 000€ sans droits en une seule opération, en combinant les abattements des deux parents pour chaque enfant.
Le don familial de sommes d’argent : 31 865€ supplémentaires
En plus des abattements classiques, un don familial de sommes d’argent permet d’exonérer 31 865€ supplémentaires par donateur et par bénéficiaire. Il se cumule avec l’abattement de 100 000€.
Conditions à respecter :
- Le donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don
- Le bénéficiaire doit être majeur ou émancipé
- Le bénéficiaire doit être un enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ou à défaut neveu/nièce
- La déclaration doit être faite dans le mois suivant le don. Passé ce délai, l’exonération est définitivement perdue.
Un parent de moins de 80 ans peut donc transmettre jusqu’à 131 865€ à chaque enfant sans aucun droit, en combinant les deux dispositifs. Pour deux parents et deux enfants, cela représente 527 460€ sans fiscalité sur 15 ans.
L’exonération temporaire pour l’achat ou la rénovation énergétique
Depuis le 15 février 2025 et jusqu’au 31 décembre 2026, une exonération spéciale s’applique. Un don peut atteindre 100 000€ par donateur sans droits, à condition que les fonds servent à :
- Acheter la résidence principale du bénéficiaire
- Financer des travaux de rénovation énergétique sur sa résidence principale
Cette exonération concerne les dons entre membres de la famille en ligne directe ou neveux/nièces en l’absence de descendants. Aucune condition d’âge n’est imposée au donateur dans ce cas précis.
Elle se cumule avec les abattements classiques. Un enfant qui achète sa résidence principale peut recevoir en 2025 : 100 000€ pour l’achat (exonération spéciale) + 31 865€ de don familial + 100 000€ d’abattement classique, soit potentiellement 231 865€ d’un seul parent sans droits.
Comment déclarer un don depuis le 1er janvier 2026 ?
La déclaration se fait exclusivement en ligne sur impots.gouv.fr depuis le 1er janvier 2026. Le formulaire papier n’est plus accepté sauf exception (absence d’accès internet, situations particulières).
- Connexion à l’espace Finances publiques sur impots.gouv.fr
- Rubrique « Déclarer », puis « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux »
- Délai maximum : 1 mois après la date du don
La déclaration reste obligatoire même si le don est entièrement exonéré. Elle fait courir le délai de 15 ans pour le renouvellement des abattements. Ne pas déclarer, c’est risquer une régularisation forcée avec majorations lors d’un contrôle fiscal ou à l’ouverture de la succession.
Ce qui ne constitue pas une donation
Un prêt entre parents et enfants n’est pas une donation, à condition qu’il soit formalisé (reconnaissance de dette, contrat) et que le remboursement soit prévu. Un virement sans remboursement peut être requalifié en donation par l’administration.
Une aide alimentaire régulière versée à un enfant dans le besoin n’est pas non plus une donation. Elle relève de l’obligation alimentaire, qui n’est ni déclarable ni imposable.
FAQ sur les dons d’argent aux enfants et petits-enfants
Peut-on donner 100 000€ à son enfant sans payer d’impôt ?
Oui, si l’abattement de 100 000€ n’a pas été utilisé dans les 15 dernières années. La donation doit être déclarée en ligne sur impots.gouv.fr dans le mois suivant le don. Aucun droit n’est dû, mais la déclaration reste obligatoire.
Faut-il déclarer un virement de 5 000€ à son enfant ?
Si le virement correspond à un présent d’usage (anniversaire, mariage, aide ponctuelle proportionnelle au patrimoine), non. Si c’est un don sans occasion précise ou d’un montant disproportionné par rapport aux revenus, la déclaration est recommandée pour sécuriser l’opération.
Un grand-parent peut-il donner 31 865€ à chacun de ses petits-enfants ?
Oui. Chaque grand-parent peut donner 31 865€ à chaque petit-enfant tous les 15 ans, via le don familial de sommes d’argent. Avec quatre grands-parents, un petit-enfant peut recevoir jusqu’à 127 460€ sans droits de donation sur 15 ans.
Le don familial de 31 865€ est-il cumulable avec l’abattement de 100 000€ ?
Oui. Les deux dispositifs s’additionnent. Un parent peut transmettre jusqu’à 131 865€ à chaque enfant sans payer de droits. La condition est d’avoir moins de 80 ans pour le don familial et de déclarer dans le mois suivant le don.
Que se passe-t-il si on ne déclare pas un don ?
Le don non déclaré peut être détecté lors d’un contrôle fiscal ou à l’ouverture de la succession. L’administration applique alors des majorations. Une déclaration volontaire tardive reste toujours préférable à une régularisation imposée.